Celui qui veut vendre son entreprise doit savoir quelle est la valeur de son entreprise et quel prix il souhaite — et tout aussi important : peut — demander pour son entreprise. En effet, le prix devrait être payé par l’acquéreur. La première chose à savoir est que la valeur n’est pas le prix. Néanmoins, l’évaluation de l’entreprise joue un rôle central dans la détermination du prix. Nous vous montrons comment maîtriser le processus complexe de la détermination du prix et vous donnons les principales réponses nécessaires pour qu’une évaluation soit solide.
Lorsqu’il s’agit d’évaluer une entreprise, l’entrepreneur peut avoir la tête qui fume. Et ce, avant même d’avoir commencé à étudier les différentes méthodes d’évaluation. Notre premier conseil est donc de commencer par suivre le processus avec un professionnel qui connaît son métier et en qui vous avez confiance. Et prévoyez suffisamment de temps.
Pour vendre son entreprise et définir un prix de vente, il faut préparer des chiffres, séparer les actifs d’exploitation des actifs hors exploitation, réfléchir à l’objet de la transmission, prendre conscience de l’influence de ses propres émotions sur le prix, de la capacité de l’acheteur à financer le prix visé, et bien d’autres choses encore.
Selon que je suis acheteur ou vendeur, la définition du prix se focalise sur des questions différentes. La génération qui transmet l’entreprise s’intéresse à la question “Que vais-je obtenir pour mon entreprise ?” et la génération qui souhaite reprendre l’entreprise aurait aimé savoir combien coûte l’entreprise et comment elle peut financer ce prix. Les attentes en matière d’évaluation sont donc différentes selon la perspective à partir de laquelle on la regarde. Cela rend le processus complexe.
La valeur de l’entreprise n’est pas le prix de vente
Le prix de vente d’une entreprise est généralement une question de négociation entre le vendeur et l’acheteur. Différentes considérations, chiffres et faits servent de base à la négociation. L’évaluation de l’entreprise est un élément du prix de vente, mais pas le seul. En effet, la valeur d’une entreprise à elle seule ne constitue généralement pas automatiquement son prix. Cette affirmation est centrale — également dans la roue des 5 thèmes du modèle de succession de Saint-Gall.
Les micro et petites entreprises en particulier, qui sont souvent privées et familiales, ne devraient pas baser le prix de vente sur une approche purement financière. La valeur émotionnelle, par exemple, peut avoir une influence considérable sur le prix de la transaction dans les micro et petites entreprises et constituer à la fois un danger et une opportunité pour un processus de succession.
Galler Nachfolge, nous pensons que les modèles d’évaluation financière ne suffisent pas à eux seuls pour déterminer le prix de vente. Il faut une vision globale. Concrètement, pour déterminer un chiffre qui fera foi comme prix entre le vendeur et l’acheteur à la fin d’un processus de succession, trois dimensions doivent être prises en compte :
- l’évaluation d’entreprise : évaluation technique
- la valeur émotionnelle : les émotions ont une influence sur le prix de vente
- la viabilité financière du prix de vente
Derrière chacune de ces trois dimensions, il y a différentes étapes de travail à prendre en compte. Au cours de l’année, la Pratique de la succession de Saint-Gall examinera chaque dimension de manière plus approfondie dans un document spécifique.
Nous commençons aujourd’hui avec le numéro 07, consacré à l’évaluation des PME. D’ici la fin de l’année, nous publierons sur notre plateforme le n° 08 sur la “valeur émotionnelle” et le n° 09 sur le “financement”.
La valeur est ce que vous obtenez — le prix est ce que vous payez. Il est essentiel d’en être conscient lorsque l’acheteur et le vendeur négocient le prix de vente d’une entreprise.
Frank Halter, expert en succession
Le prix est toujours le résultat d’une négociation et cette négociation repose essentiellement sur les trois dimensions de la figure 1 : il s’agit de finances, de chiffres clés, de conditions générales et d’attentes des deux parties. L’objectif est que les parties à la négociation (vendeur et acheteur) se mettent d’accord sur un chiffre qui constitue le prix.
Quelle méthode d’évaluation me permettra d’atteindre mon objectif ?
Pour évaluer une PME, les méthodes utilisées dans la pratique sont presque exclusivement la valeur substantielle, la valeur de rendement, la méthode du praticien et le Discounted-Cash Flow (DCF). Nous recommandons à ceux qui souhaitent approfondir la question de lire notre document. Les différentes méthodes d’évaluation y sont expliquées en détail. Si une évaluation est prévue, nous vous recommandons de faire appel à un expert (par exemple un fiduciaire ou un comptable). L’évaluation d’une entreprise requiert des connaissances et de l’expérience.
Je vois également une grande utilité de l’évaluation d’entreprise dans le fait que l’on s’intéresse de près à l’entreprise.
Andreas Salcher, expert en succession
Selon la méthode d’évaluation, les valeurs d’entreprise peuvent être très différentes. Selon le secteur d’activité, les différences entre les résultats peuvent être importantes. Nous recommandons donc un mélange des différentes approches d’évaluation, car c’est ainsi que les forces, les faiblesses et le potentiel d’une entreprise apparaissent le mieux. Nous pensons qu’une évaluation d’entreprise qui répond à ces critères est la plus pertinente. Pour cela, il faut non seulement mélanger les méthodes d’évaluation, mais aussi interpréter les chiffres de manière compétente et différenciée.
En effet, l’évaluation d’une entreprise ne se résume jamais aux chiffres bruts qui figurent au final sur le papier. Ce qui compte, c’est la manière dont les chiffres sont interprétés. Les chiffres des PME doivent être examinés de manière différenciée et les relations essentielles doivent être comprises afin de pouvoir tirer des conclusions pertinentes.
Que peut faire une évaluation d’entreprise ?
Le motif le plus courant pour une évaluation d’entreprise de PME est la succession d’entreprise. Mais une évaluation peut également être effectuée pour déterminer le statut, sans changement de propriétaire.
L’évaluation d’une entreprise peut être une évaluation objective et neutre (par exemple à des fins judiciaires) ou une évaluation subjective de la valeur, influencée par ses propres objectifs et différentes attentes (émotionnelles et rationnelles).
Ces différentes attentes (rationnelles et émotionnelles) vis-à-vis d’une évaluation peuvent donner lieu à des discussions lors d’un processus de succession. En particulier lorsque l’évaluation doit être une estimation subjective de la valeur, qui est également influencée par ses propres fonctions d’objectif.
Comment aborder l’évaluation d’une entreprise ?
Nous recommandons de considérer l’évaluation d’une entreprise comme un projet et de la planifier en conséquence, en adoptant une approche systématique :
La première chose à faire est de se procurer les bonnes informations. Cela se fait généralement par le biais de la comptabilité financière ou de la comptabilité d’entreprise. Celle-ci constitue la base pour calculer différents ratios pour l’entreprise. La deuxième étape consiste à interpréter les données chiffrées disponibles. Pour interpréter les données chiffrées, il faut disposer des principaux ratios. La dernière étape est l’évaluation.
Pour calculer des ratios pour l’entreprise, nous recommandons d’appliquer l’idée de base du “triangle magique”. Le “triangle magique” a pour objectif d’assurer un équilibre entre les dimensions de liquidité, de rentabilité et de sécurité. Pour assurer la “survie” à long terme de l’entreprise, il est nécessaire de trouver le meilleur équilibre possible entre ces trois objectifs.
Conclusion — l’essentiel en bref
Nous savons par expérience que l’évaluation d’une entreprise crée souvent des attentes en matière de prix de vente qui ne peuvent ensuite pas être satisfaites. L’une des conséquences peut être l’abandon d’un processus de succession. Nous recommandons donc d’élaborer le prix d’une entreprise par étapes et sur la base de différents éléments.
- Le prix d’une entreprise est une question de négociation et se base sur l’évaluation de l’entreprise, la valeur émotionnelle et la capacité de financement.
- Les modèles d’évaluation purement financiers ne sont pas suffisants. Le prix de vente doit être basé sur une vision globale.
- Il est important que je sois acheteur ou vendeur. Selon les cas, les questions centrales sont différentes et les attentes en matière d’évaluation sont différentes.
- La valeur n’est pas le prix. La valeur est ce que vous obtenez — le prix est ce que vous payez.
- Travaillez avec des experts lorsqu’il s’agit de réaliser une évaluation d’entreprise et d’interpréter les chiffres. Les chiffres doivent être interprétés de manière experte et dans leur contexte.
- Mélangez les méthodes d’évaluation afin d’obtenir les chiffres les plus pertinents possibles. L’interprétation experte des chiffres permet de tirer des conclusions sur les forces, les faiblesses et le potentiel d’une entreprise.
Des facteurs tels que les délais de planification, la taille de l’entreprise, la mobilité du capital ou l’environnement économique jouent également un rôle important dans la fixation des prix sur le marché. Ces facteurs doivent faire l’objet d’une grande attention dans la planification de la succession.
Le moment où l’évaluation de l’entreprise a lieu est également un facteur important. Nous recommandons de réduire au maximum l’intervalle de temps entre la définition d’un prix de vente (basé sur l’évaluation de l’entreprise) et la transaction de vente.
En savoir plussur l’évaluation des PME
Nous avons préparé des contenus utiles pour tous ceux qui souhaitent approfondir le thème “Succession et évaluation des PME” :
- Télécharger la police 07 — Évaluation
- Télécharger les outils de travail
- Entretien avec Andreas Salcher : Évaluation des PME — l’essentiel en bref
- Entretien avec Fabian Schmid : évaluation d’entreprise — recommandations pour les PME
- Télécharger Police 08 — Valeur émotionnelle
- Télécharger la brochure 09 — Financement
Dans le centre de téléchargement, vous trouverez également des fiches de travail complémentaires sous le mot-clé “coûts de transaction”.
Crédit photo : Shutterstock | Illustrations : © St. Galler Nachfolge